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LE PÉAGE URBAIN, POUR RÉDUIRE LA CIRCULATION ET... FINANCER LES TRANSPORTS
PARIS (AFP) - Testé avec succès à l'étranger, le péage urbain pourrait arriver en France, le Parlement ayant donné son aval à sa mise à l'essai. Pour tous, un même but, maîtriser la circulation automobile et financer les transports en commun en faisant payer les voitures
Entrée par la petite porte dans l'arsenal législatif du Grenelle de l'environnement via un amendement du sénateur des Alpes-Maritimes Louis Nègre (UMP), l'expérimentation du péage urbain a d'abord été approuvée par le Sénat avant d'être rejetée par l'Assemblée nationale.
Finalement, la commission mixte paritaire, chargée de mettre tout le monde d'accord, l'a repêchée mercredi soir.
"C'est une bonne nouvelle", a réagi le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, qui ne s'y était pas montré hostile à défaut de l'approuver ouvertement.
"C'est maintenant aux élus d'en faire un bon usage", a-t-il ajouté.
Concrètement, les élus des agglomérations de plus de 300.000 habitants ayant dans leurs cartons des projets de transports en commun en site propre (métro, tramway, couloirs de bus...) vont pouvoir mettre le péage urbain à l'essai pendant une période de trois ans. S'ils le désirent.
Ils pourront taxer les automobilistes, notamment à l'entrée du centre-ville. Le montant du péage sera défini par l'autorité locale organisant les transports en commun, et les sommes récoltées lui seront reversées, pour aider à financer lesdits projets.
"C'est une liberté supplémentaire pour les villes, ce n'est pas une contrainte", insiste Louis Nègre.
De toute façon, installer le péage urbain ne sera pas une partie de plaisir pour les élus volontaires : une étude d'impact devra être menée au préalable, puis la population devra être consultée au cours d'une enquête publique. Nul doute que le citoyen-automobiliste ronchonnera.
A cet égard, Louis Nègre estime qu'"il faut faire un peu de pédagogie".
"Le premier bénéficiaire du péage urbain, c'est l'automobiliste", car la circulation sera plus fluide, plaide-t-il. Il cite volontiers les exemples de Londres et Stockholm, où le péage urbain a réduit le nombre de voitures dans le centre de près de 20%, tandis que la qualité de l'air s'est améliorée.
Cela dit, insiste le texte adopté mercredi, "le péage urbain ne peut être instauré qu’après la mise en place d’infrastructures et de services de transport collectif susceptibles d’accueillir le report de trafic lié à l’instauration du péage".
Cet article pourrait éliminer quelques agglomérations, bien des réseaux de transports urbains étant déjà saturés.
Or, les candidats n'étaient déjà pas légion. Si l'Association des maires des grandes villes de France a salué ce "dispositif supplémentaire au service de la mobilité urbaine", de nombreux élus de gauche reprochent en effet au péage urbain d'affecter les populations les plus défavorisées.
"Il nécessite le développement de transports alternatifs au service des populations concernées", insiste le député-maire de Grenoble, Michel Destot (Parti socialiste).
A ses détracteurs de gauche, M. Nègre répond que "l'amélioration des transports publics permettra d'aider les couches les plus modestes de la population qui ne peuvent pas se permettre les 5 à 6.000 euros par an que coûte une voiture".
Mais s'il est un grand défenseur de l'idée de péage urbain au Parlement, Louis Nègre semble beaucoup moins volontariste chez lui, où il est aussi vice-président de la communauté urbaine Nice-Côte d'Azur. "A Nice, pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour", a-t-il dit à l'AFP.
© AFP via le site Goodplanetinfos.org
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Test&Planet
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dimanche 29 août 2010
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